L’homme nomade est perçu comme un aventurier. C’est une caractéristique qui le rend attrayant aux yeux des femmes. Quoi de plus sexy, en effet, qu’un Indiana Jones des temps modernes? Il apparaît fort, courageux, et semble n’avoir pas froid aux yeux. C’est un être singulier à qui on accorde du vécu et de l’expérience. On imagine qu’il a mille choses à raconter, toutes plus captivantes les unes que les autres. On le soupçonne toutefois de chercher à fuir les engagements, de préférer sa liberté à l’amour et aux responsabilités. Il doit aimer la solitude, forcément. On le voit comme un libre penseur, probablement introverti, un être indépendant, non conformiste. Bref, une personnalité forte et bien campée. L’homme nomade est dans notre imaginaire un être épanoui qui vit sa vie pleinement tout en s’affranchissant du regard des autres.
Il me semble que le regard qu’on pose sur les femmes nomades est différent. On les imagine plus facilement en situation de précarité, on estime qu’elles peuvent s’avérer financièrement dépendantes sinon on redoute leur potentiel de volatilité; ce qui, dans un cas comme dans l’autre, a pour effet d’effrayer les hommes. Si elles voyagent tant, c’est peut-être qu’elles sont inconstantes ou d’éternelles insatisfaites. La femme nomade semble ne pas avoir trouvé sa voie, elle revêt des allures d’être inachevé qui se cherche éternellement sans jamais arriver à se trouver. On soupçonne que par ses aventures elle puisse tenter d’obtenir l’attention, l’intérêt ou l’approbation des autres.
Vous direz que je tombe dans la caricature, et c’est vrai. Il reste qu’il y a un petit fond de vérité dans cette manière de percevoir l’homme et la femme nomades, ne pensez-vous pas?



