Retour à l’essentiel

Je n’avais pas écrit sur ce blogue depuis le début de la pandémie. J’ai même supprimé la page Facebook afférente, après un certain temps, parce qu’il me semblait indécent de continuer à vanter les vertus du voyage alors que nous en étions tous privés, par la force des choses, pour une période indéterminée. Je n’avais pas envie de tourner le fer dans la plaie.

Plus de 18 mois plus tard, alors que les événements m’ont forcée à redevenir sédentaire, je m’apprête à quitter définitivement le petit studio que j’avais loué à Montréal. Avec fébrilité, je reprendrai l’avion à la mi-octobre…

Je constate que, pendant des mois, je me suis affairée à créer un nid douillet où vivre, du mieux que je le pouvais, mon confinement. Il y avait longtemps que je n’avais pas eu un vrai « chez moi ». Je trouvais ça sympa. Ça m’avait un peu manqué, au fond, d’avoir un cocon. On ne peut pas cacher que ça a ses bons côtés!

Comme plusieurs, depuis les débuts de la pandémie, j’ai comblé les manques par des substituts. J’ai acheté plein de trucs pour décorer, des accessoires de cuisine, des vêtements, etc. J’ai fait des réserves de tout; de bouffe, de produits cosmétiques et nettoyants, de ceci et de cela, name it. Une crainte plus ou moins consciente, devant l’avenir qui prenait une tournure inquiétante, m’incitait à contrôler mon environnement immédiat pour le rendre aussi confortable et rassurant que possible.

Aujourd’hui, alors que je fais le tri de mes affaires, j’évalue l’ensemble de ces choses dont j’ai fait l’acquisition et dont, au fond, je n’avais pas vraiment besoin.

Je vends. Je donne. Je recycle. Je jette.

Déjà-vu.

Je prends conscience que toutes ces réserves que l’on fait, pour ne manquer de rien, nous projettent dans un futur anxiogène où plane le danger d’une éventuelle carence à laquelle on tente de remédier d’avance.

Je prends conscience que le fait de me délester de mes possessions me ramène à l’instant présent. À l’ici et maintenant. Et qu’au contraire de l’attitude précédente, cela suppose d’envisager l’avenir avec confiance.

Quête, fuite ou thérapie?

«Le voyage est un retour vers l’essentiel.» — Proverbe tibétain

La question se pose, évidemment. Devient-on nomade parce qu’on espère trouver quelque chose? Cherche-t-on à fuir plutôt que d’avoir le courage d’affronter ce qui nous rebute? Sinon, peut-on envisager le nomadisme comme une forme de thérapie?

J’aurais tendance à croire que toute ses réponses sont bonnes.

La quête

On ne part pas vers l’inconnu sans espérer y trouver quelque chose. Ce peut être la tranquillité, le dépaysement, une meilleure connaissance de soi-même et du monde dans lequel on vit ou que sais-je encore? Il se peut que l’on ne sache pas ce que l’on cherche, mais rien n’empêche d’avoir le goût de la découverte. Celle qui, éventuellement, changera nos vies.

La fuite

Si on quitte sa zone de confort, c’est que celle-ci n’est plus aussi réconfortante qu’elle devrait l’être. Avec le temps, elle est peut-être devenue ennuyante. Inconfortable. On n’arrive plus à s’y épanouir. On s’y sent à l’étroit, et pour accéder à son plein potentiel on sent que l’on doit fuir ce quotidien qui nous emprisonne.

La thérapie

Il n’est pas de meilleur moyen de se connaître soi-même que d’aller se perdre quelque part où l’on doit se définir ou encore se redéfinir selon des paramètres différents de ceux qui, jusque-là, nous avaient été imposés.

Et vous, pourquoi voyagez-vous?

Voyager seule

Chaque fois que je voyage en Amérique latine, il se trouve quelqu’un pour me demander pourquoi je voyage seule. Ai-je un mari? Ben non. La question revient si souvent que c’est à croire que, pour exister, une femme doit avoir un mari (je passe sous silence que s’il est une époque de ma vie où j’ai eu l’impression de ne pas exister, c’est bien celle où j’ai eu un mari… mais passons). Un copain alors? Non plus.

Pas plus tard qu’hier, le chauffeur de taxi qui venait de me poser la question — à laquelle j’avais répondu par la négative — me faisait la réflexion qu’en Amérique latine on se marie très jeune alors que nous, les nord-américains et les européens, on fait notre vie de jeunesse avant de se caser (j’ai passé sous silence le fait que j’ai été mère dès l’âge de 16 ans et me suis mariée à 17 ans…). J’ai hoché de la tête. Je ne sais pas s’il croyait que j’étais encore à faire la mienne, ma vie de jeunesse, mais je n’ai rien ajouté (j’ai aussi passé sous silence le fait que je sois 4 fois mère et bientôt 5 fois grand-mère…)

J’ai souvent cru qu’on me posait la question avec quelque arrière-pensée (la question provenant toujours d’un homme). Alors pour éviter d’avoir maille à partir avec un prétendant qui ne me semble d’aucun intérêt, je m’invente parfois un mari en espérant couper court à la conversation. Mais alors on me demande où est-il? viendra-t-il me rejoindre?

Ça semble vraiment les embêter une femme en liberté. 🤷🏻‍♀️

Trouver l’amour

Je ne vous cacherai pas que le fait d’être nomade représente un degré de difficulté supplémentaire dans la recherche d’un éventuel partenaire.

J’ai beau dire que je voyage à temps plein, que je suis globetrotteuse, que je vis dans ma valise, que je suis nomade digitale, ou peu importe comment je tente de résumer les choses, on dirait que ce n’est jamais assez clair. Personne ne semble comprendre ce que mon mode de vie implique vraiment. On peine à imaginer que je puisse ne posséder aucun appartement. On comprend que je suis voyageuse, certes, mais il me faut prendre soin de mettre les choses au clair, sinon il y a malentendu.

La réaction est à peu près toujours la même. Discrète. Mais je sens un certain malaise s’immiscer dans la conversation du fait que je ne corresponde pas à la norme et donc, forcément, aux attentes.

Une femme libre représente une certaine menace…

Celle qui vit dans sa valise risque en effet de s’installer chez vous plus rapidement qu’il ne faut de temps pour le dire! De quoi faire dresser les poils sur les bras. Et pour ceux que l’engagement n’effraie pas… elle menace de sacrer son camp à la première querelle.

D’emblée, la relation apparaît risquée.

Un homme normal (entendre ici « qui entre dans la norme ») préfère par ne pas ouvrir la porte à de telles éventualités.

À moins de rencontrer un autre nomade, il semble que les chances de rencontrer l’amour se révèlent plutôt minces…

De la générosité

Je sais, depuis longtemps déjà, que j’ai des amis exceptionnels. Depuis que je suis nomade, j’ai encore plus d’occasions d’en prendre conscience et de l’apprécier.

Ce sont mes amis qui m’ont enseigné la générosité, l’hospitalité et la bienveillance. C’est que dans mon enfance, à la maison où j’ai grandi, on ne recevait personne. Ou si rarement que c’est à peine si j’en garde le souvenir. D’aussi loin que je me souvienne, la maison familiale se révélait le territoire jalousement préservé de ma mère et on n’y laissait entrer aucun intrus sans son autorisation. Et ma mère n’avait pas l’autorisation facile! Quand mes amis m’accompagnaient à domicile, le temps que j’y récupère quelque chose avant de repartir jouer dehors avec eux, il n’était pas permis de les faire franchir le seuil de la porte. Ils devaient m’attendre dehors. Même par temps pluvieux ou froid. Je n’invitais personne à la maison. Je n’en avais pas la permission.

Mes amis d’aujourd’hui incarnent tout le contraire de cette attitude de fermeture dans laquelle j’ai grandi. Ce sont des gens ouverts, aimants, accueillants. Des hommes et des femmes faciles à vivre, chaleureux, avec qui rien n’est jamais compliqué.

Sans même que je demande quoi que ce soit, on m’invite à séjourner si j’en ai besoin, on me dit que je suis la bienvenue en tout temps lors mes retours en sol québécois. On m’écrit parfois pour me dire : «Eh! Quand est-ce que tu reviens?» Certains poussent même la générosité jusqu’à m’offrir un double de clé à garder avec moi en permanence.

C’est toujours les joues empourprées, avec une curieuse culpabilité mêlée de reconnaissance, que j’accueille cette bienveillance. J’accepte l’offre avec plaisir, mais je précise que je ne vais rester qu’une nuit ou deux, pas plus, de crainte d’abuser de cette gentillesse. Je ne voudrais surtout pas déranger. On me gronde alors avec affection. Je peux rester toute la semaine, si je veux! Et d’une fois à l’autre, on me le répète. Il faut me le répéter. Je suis dure de comprenure.

Je vis peut-être modestement, mais je suis riche de mes amitiés.

hommes & femmes

Nomadisme et double standard

L’homme nomade est perçu comme un aventurier. C’est une caractéristique qui le rend attrayant aux yeux des femmes. Quoi de plus sexy, en effet, qu’un Indiana Jones des temps modernes? Il apparaît fort, courageux, et semble n’avoir pas froid aux yeux. C’est un être singulier à qui on accorde du vécu et de l’expérience. On imagine qu’il a mille choses à raconter, toutes plus captivantes les unes que les autres. On le soupçonne toutefois de chercher à fuir les engagements, de préférer sa liberté à l’amour et aux responsabilités. Il doit aimer la solitude, forcément. On le voit comme un libre penseur, probablement introverti, un être indépendant, non conformiste. Bref, une personnalité forte et bien campée. L’homme nomade est dans notre imaginaire un être épanoui qui vit sa vie pleinement tout en s’affranchissant du regard des autres.

Il me semble que le regard qu’on pose sur les femmes nomades est différent. On les imagine plus facilement en situation de précarité, on estime qu’elles peuvent s’avérer financièrement dépendantes sinon on redoute leur potentiel de volatilité; ce qui, dans un cas comme dans l’autre, a pour effet d’effrayer les hommes. Si elles voyagent tant, c’est peut-être qu’elles sont inconstantes ou d’éternelles insatisfaites. La femme nomade semble ne pas avoir trouvé sa voie, elle revêt des allures d’être inachevé qui se cherche éternellement sans jamais arriver à se trouver. On soupçonne que par ses aventures elle puisse tenter d’obtenir l’attention, l’intérêt ou l’approbation des autres. 

Vous direz que je tombe dans la caricature, et c’est vrai. Il reste qu’il y a un petit fond de vérité dans cette manière de percevoir l’homme et la femme nomades, ne pensez-vous pas?

Solitude ou liberté?

Pour vivre de manière nomade, il faut apprivoiser la solitude. Peut-être même la rechercher. Si on voyage pour découvrir des ailleurs qui nous enchantent, c’est aussi paradoxalement pour avoir l’occasion de mieux plonger au cœur de nous-même.

Ce besoin viscéral de découvrir ce qui est différent de nous fait sans doute le contrepoids de cette quête intérieure qui nous conduit à mieux nous connaître. Au fond, on voyage peut-être pour maintenir un certain équilibre.

La plupart des gens entrevoient l’exaltante liberté dont je jouis quand il est question de mon nomadisme. Peu d’entre eux songent toutefois à la solitude que cela implique. Bien que la vie nomade me permette de m’imprégner de différentes cultures et de rencontrer des gens, il reste que la solitude est ma principale compagne de voyage.

Pratiquer le détachement

Il va sans dire que, pour adopter un mode de vie nomade, il m’a fallu renoncer à la majeure partie de mes possessions matérielles. C’est sans doute, j’en ai bien conscience, l’une des formes de détachement les plus difficiles à effectuer pour  beaucoup de gens.

Bien que pendant une bonne partie de mon existence j’aie travaillé comme tout le monde à cumuler des biens matériels — puisqu’ainsi le voulait la subtile, mais néanmoins persuasive pression sociale —, je ne me suis jamais définie comme étant quelqu’un de matérialiste.

Beaucoup de gens, qui ne se conçoivent pas eux non plus comme tels éprouvent néanmoins de la réticence à l’idée de se départir de leurs principales possessions. Les grimaces ne tardent pas à se manifester dès qu’il en est question…

Nous vivons dans un système social qui détermine notre degré de réussite en fonction de notre valeur marchande. Pour accepter de n’avoir aucune valeur marchande, il faut s’en accorder une autre en vertu d’un autre système de valeurs. Tant que cette étape cruciale n’est pas franchie dans notre esprit, l’idée même d’être dépossédé de ses avoirs risque d’alimenter quelques cauchemars. 

Il faut apprendre, d’abord et avant tout, à se détacher de la norme.

Le nomadisme s’inscrit pour moi dans une philosophie de vie. Par conséquent, ce ne sont pas seulement les possessions matérielles que j’ai laissées derrière moi, en devenant nomade, mais aussi certaines expériences et souvenirs qui alourdissaient mon esprit. Ces éléments, bien qu’immatériels, avaient un poids qui ne manquait pas de se faire sentir en moi et m’empêchait de m’élever au-dessus de la banalité du quotidien.

J’ai appris à laisser aller les choses, à me détacher d’elles, à ne plus concevoir la vie comme une accumulation de possessions, d’expériences et d’histoires, d’heures, de jours et d’années. J’ai commencé à entrevoir la possibilité que chaque jour puisse être le début d’une aventure nouvelle.

Rien qu’à cette idée, déjà, je me sentais plus légère.

J’ai appris à lâcher prise sur les aléas de l’existence. J’accepte ce qui a été, j’accepte ce qui vient, et j’accepte de laisser aller ce qui doit disparaître. Je prends la vie comme elle vient. Avec amour, certes, néanmoins avec détachement. 

On ne peut pas mettre sous verre les gens et les moments qu’on aime. On ne peut pas les figer dans le temps. Ils doivent exister en dehors de nous. 

Rien n’est saisissable, et c’est justement ce qui fait la beauté de l’existence. Car aimer (la vie, les gens!) c’est savoir apprécier, ce n’est pas posséder; le désir de posséder trahit une insécurité.

Être sa propre demeure

Au fil des discussions que j’ai ici et là, avec les gens que je rencontre au quotidien, je réalise que certaines personnes semblent déstabilisées par le fait que je n’aie plus de maison ou d’appartement qui m’appartienne en propre. Il leur apparaît difficile de concevoir que je puisse ne posséder rien d’autre que ma valise et son contenu.

« Tu ne te sens pas un peu perdue, quand tu reviens au Québec? », me demande-t-on comme si, au moment de remettre le pied en sol québécois, je devais être saisie d’une soudaine angoisse à l’idée de devoir me loger quelque part. 

En ce qui concerne les moments où je suis à l’étranger, on ne me pose pas trop la question, ou relativement peu; on imagine fort bien qu’une location Airbnb, un hôtel ou tout autre arrangement me sert d’hébergement. Mais c’est autre chose lorsque je rentre « à la maison »; on tient pour acquis qu’il me faut quelque chose qui fasse office, justement, de « maison ». 

À vrai dire, quant à moi, je ne vois pas de différence entre l’étranger et le Québec. 

D’abord parce qu’on y trouve les mêmes facilités d’hébergement; il n’est donc pas de raison que je sois déboussolée en revenant sur ce territoire que je connais si bien.  

Ensuite parce que ma « maison » — que je conçois dans le sens de « home » plutôt que « house » — n’est pas pour moi un concept matériel. C’est plutôt un « lieu » (qui n’a pas lui non plus à être matériel) que je définis comme étant celui où je me sens confortable et en sécurité. 

Bien qu’il m’arrive de blaguer en disant que je voyage avec ma maison, à la manière d’un escargot, je ne considère pas vraiment que ce soit ma valise en tant que telle qui me tienne lieu de maison. 

Je me sens chez moi partout où je me trouve, car j’ai appris à vivre avec moi-même, c’est-à-dire avec l’inéluctable solitude et la nécessaire indépendance qui découlent de mon mode de vie. 

Je suis ma propre demeure. 

Être « nowhere »

Je me souviens du jour où j’ai osé parler publiquement de mon désir de tout quitter pour vivre de manière nomade. J’hésitais un brin. C’est normal. Qui n’a pas une petite seconde de prise de conscience avant de sauter en parachute?

Je n’avais toutefois pas envie de me vautrer dans une interminable réflexion qui me fournirait mille raisons, dictées par l’insécurité, de préserver mes acquis matériels et de rester sagement dans ma case. Mon cœur me disait de suivre l’évidence. Mais tout de même, ce petit côté raisonnable — qu’on nous inculque depuis toujours —, avant de faire le grand saut, m’incitait à m’accorder en toute légitimité une dernière hésitation.

Pile ou face? demandais-je. 

Il n’y avait pas d’entre-deux possible. 

Les tergiversations, très peu pour moi merci. J’oserais, ou pas. Et j’ai osé. Advienne que pourra! C’est comme ça que j’ai décidé de ne pas renouveler la location de mon appartement et de le vider de tout son contenu. Que pouvait-il m’arriver de pire que de devoir, éventuellement, tout reprendre à zéro? Bien des gens rêvent de tout reprendre à zéro… j’estimais donc que je ne pouvais qu’en sortir gagnante.

Reste que les réactions de mon entourage étaient mitigées. Certains disaient spontanément : « Go for it! ». Je les soupçonnais de souhaiter réaliser un vieux rêve enfoui, déraisonnable, par procuration. Combien de gens, en effet, fantasment de tout laisser tomber et de s’offrir la liberté la plus totale? Mais ils se contentent d’en rêver. Ils n’oseront jamais. Toutefois, ils ont de l’admiration pour ceux qui osent. Tout comme moi j’admire les parachutistes tout en sachant que jamais, ô grand jamais, je ne me jetterai en bas d’un avion. Même si je devine très bien la folle exaltation que procure cette formidable chute dans le vide.

D’autres m’ont répliqué que ça n’avait aucun sens de songer au nomadisme. Je ne pouvais pas être « nowhere »! C’était impensable. Il me fallait un pied-à-terre. Un code postal. Un numéro d’immeuble. Quelque chose qui me rattache au concret. Je devais tenir à quelque chose, ne serait-ce qu’à un fil. Sinon, je ne sais pas, je risquais sans doute d’être avalée par un trou noir.

Le fait est que, entre vous et moi — dans notre beau monde capitaliste où on vous a toujours à l’œil — on est toujours rattaché à quelque chose quand bien même on ne voudrait pas l’être. On ne voyage pas sans passeport, dois-je le rappeler. Quoi que vous vouliez faire ou aller, il faut toujours remplir un formulaire dans lesquels vous devez préciser tout ce qui vous contraint de prendre part au système. Nom, prénom, date de naissance, numéro d’assurance sociale, adresse postale, numéro de téléphone, etc. On ne s’en sort pas. On est fiché. On n’est jamais vraiment « nowhere ». En tout cas, pas sur papier.