Quête, fuite ou thérapie?

«Le voyage est un retour vers l’essentiel.» — Proverbe tibétain

La question se pose, évidemment. Devient-on nomade parce qu’on espère trouver quelque chose? Cherche-t-on à fuir plutôt que d’avoir le courage d’affronter ce qui nous rebute? Sinon, peut-on envisager le nomadisme comme une forme de thérapie?

J’aurais tendance à croire que toute ses réponses sont bonnes.

La quête

On ne part pas vers l’inconnu sans espérer y trouver quelque chose. Ce peut être la tranquillité, le dépaysement, une meilleure connaissance de soi-même et du monde dans lequel on vit ou que sais-je encore? Il se peut que l’on ne sache pas ce que l’on cherche, mais rien n’empêche d’avoir le goût de la découverte. Celle qui, éventuellement, changera nos vies.

La fuite

Si on quitte sa zone de confort, c’est que celle-ci n’est plus aussi réconfortante qu’elle devrait l’être. Avec le temps, elle est peut-être devenue ennuyante. Inconfortable. On n’arrive plus à s’y épanouir. On s’y sent à l’étroit, et pour accéder à son plein potentiel on sent que l’on doit fuir ce quotidien qui nous emprisonne.

La thérapie

Il n’est pas de meilleur moyen de se connaître soi-même que d’aller se perdre quelque part où l’on doit se définir ou encore se redéfinir selon des paramètres différents de ceux qui, jusque-là, nous avaient été imposés.

Et vous, pourquoi voyagez-vous?

Voyager seule

Chaque fois que je voyage en Amérique latine, il se trouve quelqu’un pour me demander pourquoi je voyage seule. Ai-je un mari? Ben non. La question revient si souvent que c’est à croire que, pour exister, une femme doit avoir un mari (je passe sous silence que s’il est une époque de ma vie où j’ai eu l’impression de ne pas exister, c’est bien celle où j’ai eu un mari… mais passons). Un copain alors? Non plus.

Pas plus tard qu’hier, le chauffeur de taxi qui venait de me poser la question — à laquelle j’avais répondu par la négative — me faisait la réflexion qu’en Amérique latine on se marie très jeune alors que nous, les nord-américains et les européens, on fait notre vie de jeunesse avant de se caser (j’ai passé sous silence le fait que j’ai été mère dès l’âge de 16 ans et me suis mariée à 17 ans…). J’ai hoché de la tête. Je ne sais pas s’il croyait que j’étais encore à faire la mienne, ma vie de jeunesse, mais je n’ai rien ajouté (j’ai aussi passé sous silence le fait que je sois 4 fois mère et bientôt 5 fois grand-mère…)

J’ai souvent cru qu’on me posait la question avec quelque arrière-pensée (la question provenant toujours d’un homme). Alors pour éviter d’avoir maille à partir avec un prétendant qui ne me semble d’aucun intérêt, je m’invente parfois un mari en espérant couper court à la conversation. Mais alors on me demande où est-il? viendra-t-il me rejoindre?

Ça semble vraiment les embêter une femme en liberté. 🤷🏻‍♀️