Quand on me dit : « Ah, mais moi je ne serais pas capable d’être nomade ! », ça me fait un peu sourire, car aussi curieux que ça puisse paraître, comme bien du monde, je déteste vivre dans ma valise !
Le nomadisme n’implique pas nécessairement de vivre dans une valise toujours ouverte. Il ne faut pas confondre tourisme et voyage.
Si le tourisme entraîne bien souvent la visite de différentes attractions locales, afin de maximiser le peu de temps dont on dispose, il en va autrement du voyage. Il est certain que lorsqu’on n’a que deux ou trois semaines de vacances par année, on souhaite pouvoir décrocher de la routine ; seulement il nous faut un moment d’adaptation avant d’y parvenir. Sans trop s’en rendre compte, on est conditionné par l’impératif de performance, inculqué par notre société capitaliste où tout est soumis au rendement. Temps et portefeuille compris. On veut revenir à la maison en pouvant dire qu’on a fait ceci et cela, qu’on a visité tel ou tel lieu. Il faut pouvoir faire le bilan en se disant que les vacances valaient la dépense et qu’on a fait des choses qui sortaient l’ordinaire.
On risquerait d’étonner notre entourage si, en revenant de vacances, on affirmait n’avoir rien vu et n’avoir rien fait.
Le fait est que, quand bien même on prend des vacances avec l’intention de relaxer, le temps de nous adapter à ce rythme inhabituel… on réalise que les vacances sont déjà finies ! On aurait eu besoin d’un peu plus de temps pour arriver à décrocher vraiment. Et vient le sentiment de ne pas en avoir profité suffisamment.
Le voyage, c’est autre chose. Une autre philosophie. Il implique une immersion dans un autre contexte, une autre culture. Cela passe par la confrontation à des mentalités différentes, la rencontre avec des inconnus et par la découverte d’un quotidien nouveau dans ce que celui-ci comporte de plus banal.
Je ne tente pas de décrocher de mon quotidien, le nomadisme EST mon quotidien. Le voyage vise à enrichir celui-ci de considérations nouvelles.
Je me loge à un endroit fixe, pour une période plus ou moins longue, et j’y défais ma valise que je glisse ensuite sous le lit. Je place mes vêtements dans la penderie et les tiroirs de bureau. Je m’en vais faire les courses au marché, question de me familiariser avec le quartier et avoir de quoi cuisiner. J’aime me sentir bien installée dans ce nouveau quotidien que je m’apprête à découvrir.
Je suis une nomade sédentaire.








